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Maldives, paradis tout inclus.

" Loick !!! Réveille toi et regarde au hublot ! "

Cela faisait déjà près d'une demie heure que je scrutais à travers les nuages une once de turquoise…ça y est nous survolons les Maldives.

 

       

Que dire sur toutes ces poussières d'atoll qui se dessinent au fur et à mesure que l'avion de la Qatar descend, c'est tout simplement époustouflant...

sorti des bras de Morphée, mon fils admirait aussi …

Excités et impatients nous avons la chance de pouvoir sortir dans les premiers de l'avion ; sur le tarmac l'air y est très chaud, humide mais la petite pluie qui nous accueille est la bienvenue.

Malé, l'île capitale est surprenante par la densité et la hauteur de ses constructions…sa surface ne doit pas dépasser les 2 Km ² ! Nous passons les formalités et bizarrement ils nous prennent les billets retour....volonté de l'état, sans doute.

 Il est 15H30 mais nous ne sommes pas encore arrivés sur Vilamendhoo, il nous faut attendre encore une heure pour nous y rendre….

 Cela me laisse un peu de temps pour flâner dans les alentours et approcher le bord de l'eau….les va et vient incessants des hydravions ne semblent pas gêner les poissons, il y'en a partout….c'est cool, ça promet.

 L'heure de notre décollage en hydravion approche, et j'ai pu constater que les prix de la " Maledivian air taxi " sont exorbitants, faut compter un minimum de 100 euros par personne et par trajet ! Ils se gavent…mais je n'étais pas au bout de mes surprises…. les Maldives sont une pompe à fric.

 Il n'y a pas foule, nous sommes 10 dans l'hydravion. Je ne veux rien rater du spectacle, je me place à l'avant de l'appareil, juste derrière les pilotes…le décollage est rapide et bruyant, la sensation est fantastique…et la vue devient rapidement paradisiaque….

     

Vus du ciel, les atolls composent un paysage à couper le souffle ! Qu'elles soient allongées, elliptiques, de forme ronde ou en croissant, les îles sont toutes bordées d'eau turquoise…le sable est d'une blancheur se conjuguant à merveille avec la luxuriance de la végétation….

Entre deux clics sur mon numérique, tiens ça rime, j'observe mes enfants et mon épouse...je suis aux anges !

Cela faisait maintenant 45 minutes que nous avions quitté Hululé, et le jeu était de savoir sur quelle île nous allions passer nos 7 premiers jours !

" Celle là, papa ! " me proposa Morgann,

" celle-ci ! " dit Loick….

Mais le seul qui pouvait gagner c'était moi….j'avais déjà vu sur le net une vue aérienne de Vilamendhoo…cela ne fait pas de moi le plus aventurier de chacun de nos voyages, mes enfants et ma femme ne savent rien, mais rien de chez rien, de nos destinations avant de partir !

" C'est l'ovale, ici à gauche " dis je.

 L'appareil amerrit au large de notre île, et le comité d'accueil est déjà sur place dans un dhoni. (Bateau local). Pas de colliers de fleurs ni de groupe folklorique, juste une hôtesse et deux porteurs,je ne supporte pas ça mais bon, les Maldives c'est aussi une destination de all-in…

Le soleil commence à embrasser l'horizon, mais l'envie de faire un premier bain est irrésistible, surtout qu'il n'y a personne dans l'eau…. Nous n'avons pas vu grand chose d'extraordinaire dans le lagon, mais la visibilité par le manque de lumière commence à être sacrément réduite…nous verrons mieux demain.

Bien que nous ayons payé relativement cher pour un bungalow, celui-ci offre tout ce qu'il y'a de plus standard….un chiotte, une douche et deux lits pour 90 euros environ…j'espère que les fonds sous marin sont vraiment à la hauteur de ce que j'attends…

                                           

Bien que le poids des heures du voyage nous ait rapidement assommé, la nuit fut courte.

 Nous sommes parmis les premiers levés, la salle de restaurant est vide. Le cadre est agréable, le nombre de bungalows est important mais aucun ne dépasse les palmiers et les hévéas. Si bien que de l'eau, l'île donne l'impression d'être déserte.

Palmes et masques en main, nous décidons d'explorer la barrière de corail. Celle-ci n'est qu'à une trentaine de mètres de la plage. C'est un régal pour les yeux, ici le monde sous marin est une poésie, un tableau de maître. El Nino n'a pas épargné le récif de Vilamendhoo, mais la tendance est quand même à la couleur. Mon œil de photographe amateur a peur de laisser des regrets ci et là ; les clowns et leur anémone, les chirurgiens, les nudibranches, les murènes …

Ce premier jour je passe au moins 6 heures dans l'eau.

          

Le soir après dîner nous décidons de nous rendre à l'accueil, dans le but de s'informer sur les éventuelles liaisons insulaires. Nous ne sommes pas venus ici pour imiter ceux qui n'ont pour seules activités le gavage et le souci de rentabiliser leur formule tout inclus au bar.

Les sorties plongées sur des spots sont multiples, mais il n'existe qu'une seule liaison maritime avec Mahibadoo, île capitale de l'atoll d'Ari. Nous irons demain et nous pourrons, je l'espère, découvrir un peu les traditions et l'âme des Maldiviens.

Ce matin, je suis ravi. Avec nous quatre nous ne sommes que huit sur le dhoni. Le prix de la traversée avait sans doute refroidit plus d'un, à moins que le désintérêt le plus total en fut la raison. Toujours est il, ça me convient.

Deux heures après, nous foulons les rues sablonneuses de la petite capitale. Elle est composée d'une artère principale, où quelques petits commerces sont implantés, et de rues menant aux quelques habitations. Les murs de celles-ci sont construits de parpaings de béton ou de corail mort, mais leurs peintures sont harmonieuses et gaies. Tantôt turquoises, les nuances varient aussi entre le jaune, l'orange. Nous aimons flâner dans ces petites rues, c'est là que nous faisons plusieurs rencontres, des enfants pour la plupart. Le contact est facile, mais l'échange communicationnel moins….personne ne parle anglais, pas même les plus âgés….mais le sourire et le regard véhiculent parfois plus de mots que la parole.

             

                            

Elles sont quatre et travaillent à l'ombre d'un hévéas, le soleil tape très fort ici.

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Nous approchons du groupe, et observons la présence d'un petit garçon. Les jeunes femmes tressent des nasses avec des palmes séchées, notre approche est remarquée mais discrète. Nous restons bien là une dizaine de minutes à admirer la dextérité et l'agilité des oeuvrières quand l'une d'elles, s'adresse au garçonnet. Le gosse, d'un pas hésitant, s'avance et tends alors des bonbons à mes enfants…

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Moment simple, instant de bonheur.

Nous rentrons sur les coups de 16 heures, ce qui nous laisse du temps pour une dernière immersion. Nous n'avons toujours pas vu de tortues. Une fois de plus nous sommes matinal aujourd'hui ; nous irons du côté nord de la barrière, j'ai cru comprendre que de nombreux bans de carangues bleues y évoluaient.

Quelques centaines de mètres à pieds suffisent pour rejoindre l'endroit en question. Je ne suis pas encore dans l'eau mais c'est vrai qu'au loin il y'a de l'agitation. Les clapots ne sont pas les effets d'un vent contraire ou d'un courant quelconque, c'est au sein du lagon.

 Point de carangues mais l'excitation est à son comble, nous sommes nez à nez avec une bonne dizaine de requins à pointes noires. Ils sont inoffensifs, mais le 1M80 de certains met du piquant à la baignade. Voulant immortaliser la rencontre, qui je croyais jusque là exceptionnelle, je tente une approche.

 Ce sont des trouillards !!! Ma parole ! Pas moyen de les approcher à moins de trois mètres…je décide de ne plus bouger. Il me faut attendre un quart d'heure sans bouger, pour que les squales rentrent dans le périmètre qui convienne à mon objectif. Je suis con, mais cela n'est que du bonheur !

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous avons souvent la sensation d'être seuls. Nous ne voyons du monde uniquement le soir. C'est pour moi une satisfaction.

Avant notre départ nous avions acheté une torche étanche, ce soir nous l'essaierons.

Dix huit heures, l'obscurité est là et Loïck ne rechigne pas à me suivre. Le faisceau de la torche nous ouvre le chemin et nous évoluons vers la barrière de corail. A la caisse de décathlon, on peut faire le malin avec sa loupiotte, mais sur le récif je peux assurer qu'on ne la ramène pas ! Je ne vais jusqu'à dire que j'ai rempli mon maillot de bain, mais la nuit c'est stressant…et passionnant !

Aveuglée et attirée par la lumière une énorme murène java est venue presque se frotter à nous, quand j'y repense BRRRRR quelle sale gueule !!!! L'avantage est de pouvoir observer des espèces qui ne sortent que la nuit… c'est une aventure au pays des tout inclus quoi ! 

 Avant de partir nous décidons d'envoyer un peu d'exotisme à nos amis : direction la boutique " attrape nigaud " de l'île. Nous choisissons 10 cartes postales, demandons les affranchissements et la sympathique douloureuse de 25 USD !!! Dis Tonton, pourquoi tu tousses !?

Bien que les jours se suivent et se ressemblent ici, nous n'avons pas vu le temps passer. Nous quittons demain Vilamendhoo pour une autre île sans regrets, mais heureux des rencontres que l'on a pu faire.

Kuredu, est loin d'ici. Deux heures d'hydravion sont nécessaires. Quitte à changer d'île, changeons aussi d'atoll. Le temps est plus clément qu'à notre arrivée, ça tombe bien ! Les vues aériennes ne seront plus qu'extraordinaires.

Devant faire une escale à Hululé, nous profitons de poster nos " chères " (au sens propre comme figuré) cartes postales, cela mettra moins de temps pour arriver en France…..

Bon, qu'est ce que je fais ? Je le dis maintenant ? En fait les cartes, elles ne sont jamais arrivées, si si…..c'est fini, on écrit plus.

Kuredu est bien plus grande, son lagon semble l'être aussi. Kuredu est la seule île de l'atoll de Lhyaviani offrant la possibilité de dormir, mais notre choix s'est résumé à la richesse de ses fonds. A notre amerrissage, mêmes chichis et nous arrivons à l'accueil du resort. C'est particulièrement long, ça discute, ça s'en va et ça revient, puis on nous appelle.

Ne serions nous pas attendu ???

" Mr yann, we're sorry… ".

Mon anglais est scolaire mais je réussis, toutefois, à comprendre que je n'aurais pas le bungalow qui nous était normalement réservé, soit.

On s'en fout, le principal c'est de pouvoir dormir. On nous a remis une clé, dont le porte clé mentionne " Sangu ", pas têtus on se dirige vers les pancartes indiquant le même nom. Nous marchons environ 1 Km, sacs au dos, et au détour d'une masse végétale, nous arrivons à Sangu.

" Je crois qu'il y'a un hic, là " en m'adressant à mon épouse.

Nous étions en face d'une dizaine de bungalows sur pilotis.

 

                                                 

Le hic, c'est que nous avions payés pour une catégorie standard, c'est à dire cinq fois moins cher !!! et comme tout se paie à prix d'or ici, je ne voudrais pas me retrouver à la fin de la semaine avec le complément à régler….un petit truc dans les 2000 USD….je retourne à l'accueil.

Dégoulinant, je reviens trois quarts d'heures plus tard. Mes enfants et ma femme, ne s'étaient pas fait prier : ils étaient dans l'eau. Faut dire que la chaleur est écrasante, notre courte expérience de voyageurs n'avait jamais été confrontée à de telles touffeurs. La réception m'avait tout simplement assuré que le bungalow était le notre pour une semaine et qu'il n'y aurait pas de mauvaises surprises ! Moi, qui avait juré de ne jamais poser un pied dans ce genre de standing…. C'est cossu, bien agencé mais cela n'est ni plus ni moins qu'une chambre sur des poutres… mettre près de 450 euros la nuit là dedans, c'est de la pure folie ! Certains auraient passé la journée dans leur superbe villa ; nous, nous y sommes restés le temps de poser les sacs et de se foutre un maillot, à l'eau….

L'île offre plus de 3 Km de plage de sable blanc descendant dans un lagon immense …. La face Nord est plus ventée mais bordée de palmiers, le Sud semble plus propice au développement des Hévéas et Hibiscus….Kuredu est plus variée, végétalement parlant, que Vilamendhoo. Cet après midi nous décidons d'explorer le versant Sud du récif corallien. Les fonds sont couverts d'algues, semblables à la posidonie méditerranéenne.

 De nombreux poissons licornes et perroquets nous dansent leur ballet mais toujours pas de tortues en vue. Kuredu est une île réputée pour la richesse de sa faune sous marine, et on y trouve pas moins de 40 spots différents. Le versant Sud est à mon humble avis relativement pauvre, le corail y est abîmé et les espèces de poissons courantes, sans aucun doute cet endroit ne figure pas parmis les sites classés….cherchons encore.

J'ai toujours trouvé la plongée en apnée plus intéressante que celle avec un équipement. Nous ne sommes que plus libre, plonger à quinze ou vingt sur un petit périmètre est sans intérêts. Une seule goulée d'air pour descendre vers les abysses est une satisfaction immense, les rencontres sous marine sont alors magiques, uniques….C'est un sport qui exige une certaine maîtrise de soi, patience et observation …justement observons.

 L'école " Pro divers " de Kuredu possède une dizaine de bateaux qui sortent quotidiennement sur le récif, il suffit de repérer leur mouillage temporaire. J'apprendrais par la suite, le nom du premier repérage " The Batu caves ", placé sur le récif Nord.

Elles sont là, en bas à une dizaine de mètres peut être.

Elles se reposent dans le renfoncement d'une grotte. En dessous le bleu azur est impressionnant, je ne vois même pas le fond. Je sors la tête de l'eau pour prévenir ma petite famille qui n'avait rien remarqué, je me remplis d'air et entame la descente pour interrompre la sieste de nos carets. Je descends en poids constant mais ne palme pas, je ne souhaite pas les effrayer. Je suis à quelques mètres des tortues, elles sont énormes…1 M50 de large environ.

Sympathiquement, elles ne prennent que l'envol lorsque je me situe à 2 mètres d'elles….j'ai des frissons, c'est beau.

Je suis la plus grosse sur quelques mètres, nous sommes si près que je peux la toucher … elle me regarde et prend la pose…..inoubliable.

Je remonte et voit l'hystérie que le spectacle avait déclenché en surface…je suis heureux. " The caves " est un spot dont le récif est composé de six à huit grottes sous marine, naturellement placées à quelques mètres l'une d'elles. Les snorkellers ne trouveront pas forcément leurs paradis, seule l'immersion peut rapprocher de l'Eden.

Kuredu ne déroge manifestement pas à la règle d'usage, le prix des sorties en bateau sont chères mais plus nombreuses que sur Vilamendhoo. Nous écartons logiquement celles présentées sous forme d'excursion et privilégions les liaisons inter îles ou celles proposant du snorkeling. Demain nous partirons la journée pour découvrir Maayilafushi, sur le retour un spot sur une épave est prévu .

La découverte des îles habitées n'intéressent manifestement pas les occidentaux, ce matin nous ne sommes qu'une poignée : un couple d'Allemands, d'Anglais et nous quatre. …tant mieux. Cela fait maintenant une bonne heure que nous naviguons en direction du Sud, quand soudain des ailerons se dessinent à l'horizon….le capitaine manœuvre son dhoni vers une autre rencontre aussi imprévisible que profonde.

 Combien sont ils ? Difficile de les compter….ils ondulent, apparaissent, disparaissent, plongent, jouent avec la proue du navire… cela dure, dure, dure…

     

Sur le pont il s'établit alors une atmosphère d'une densité très profonde, propre à chaque personne, un calme intérieur pendant lequel chacun est emmené malgré lui dans un monde autistique… celui des dauphins.

Nous avions déjà vu des dauphins mais jamais dans leur milieu naturel, je suis autant émerveillé par la grâce et la beauté de la nage des mammifères bleus et blancs que par l'expression des visages de mes gosses. Il est vain de tenter de mettre des mots car ils ne font, à mon sens, que réduire ce qui est de l'ordre de la perception. Partager de tels moments avec les gens que l'on aime, s'apparente à un sourire plein de poésie.

 Dans cette humeur parfaite et en un dernier plongeon harmonieux, les dauphins semblent nous saluer avant de rejoindre les abysses. Nous aurons le bonheur d'en rencontrer à chacune de nos sorties en mer….

 Le moteur du dhoni baisse de régime, nous accostons à Maayilafushi. Nous apprendrons de la bouche d'un des trois hommes d'équipage, que l'île n'est habitée que depuis dix ans. L'islam, professé aux Maldives depuis le douzième siècle, est devenu religion d'Etat en 1968. Et tout comme le Qatar et Oman, les Maldives sont musulmanes à 100 %. Il nous explique qu'une loi maldivienne exige qu'un minimum de 40 hommes fréquente journalièrement la mosquée. Si le cas se présente pour des raisons démographiques, les îles et ses habitants " hors la loi " sont alors délocalisés sur une île inhabitée. Maayafushi est une de ces nouvelles îles reconstituées.

Les rues sont larges, sablonneuses et les habitations modestes et peu nombreuses…c'est encore désert. Fasciné par l'architecture des mosquées, nous marchons en direction de celle d'ici. Elle ressemble davantage à un entrepôt qu'à un lieu de culte…dommage.

" C'est une mosquée temporaire " nous racontera le mousse plus tard. Quelques petits commerces ci et là, mais rien de bien touristique. Pourtant les prix pratiqués sont " étonnement " exorbitants. Le voyage approchant à sa fin, nous voulons matérialiser celui-ci avec une ou deux babioles pour les enfants, ahhh !! Consommation quand tu nous tiens !!!!

Nous entrons dans une boutique où les cartes, T-shirt, et souvenirs en tout genre se mêlent aux épices et produits alimentaires courants. Les prix sont indiqués en ruffiya, monnaie locale, mais ici tout se paie en dollars. De plus, il est impossible d'acheter des ruffiyas dans les îles resort. Nous passons donc à la caisse en s'attendant que le prix serait dérisoire….50 dollars !!!

Dépité, je pose la marchandise et laisse le vendeur méditer…. Nous quittons Maayafushi un peu déçus ; oh bien sûr il y'à quelques belles photos mais pas de rencontre digne de ce nom.

Un des marins lève le mouillage et le dhoni poursuit vers le sud Est. Le capitaine stabilise son bateau dans un courant impressionnant, face à l'épave où nous devons nous rendre.

 

Le danger est réel et présent, aussi ma femme et mes enfants décident de rester à bord. Un des marins se met à l'eau, et pour une fois je suis content d'avoir un guide.

L'Anglais semble angoissé mais nous rejoint, faut dire que le courant est tel qu'il est impossible de lutter et de nager à contre sens. Celui-ci nous amène sans effort sur l'épave ; son étrave hors de l'eau, le porte container est délicatement posé contre le récif.

Etourdissant ! Les couleurs sont vives, et le lieu explose de vie…la plongée sur épave devient en un clin d'oeil une plongée naturaliste : Coraux mous, éponges, gorgones, hydroïdes, corail noir…et j'en passe.

Les poissons sont hors du commun et atteignent des tailles incroyables : les Napoléons sont de ma taille ; bon je sais je ne suis pas bien grand mais pour un poisson c'est hallucinant !

Le maldivien s'engouffre dans l'antre du navire, percé de part en part par la rouille….

" Quel malade !! " j'ai à peine le temps de balbutier ces mots dans mon tuba que trois grosses murènes sortent de la cale … j'avais plongé à la même profondeur que le maldivien, mais j'étais resté en dehors de la cavité en spectateur…j'ai battu le record de remontée ce jour là !! Je crains ces bestioles, finalement assez imprévisibles.

 En rejoignant le dhoni ; qui s'était laissé dériver pour nous récupérer ; nous croisons des bans de thons, barracudas, et une énorme tortue carouane…chaque immersion est un bonheur ici, on ne s'en lasse pas.

Excité, je rapporte ce que j'avais vu au fond pendant que le dhoni reprenait la route pour Kuredu. Le soleil va embrasser dans une heure l'horizon, et les dauphins jouent encore avec les sillons de notre embarcation.

Quelle journée fabuleuse !!! Sur le chemin menant à notre " super méga " bungalow, nous marquons un arrêt à l'école de plongée " pro divers ".

Outre les kékés aux cheveux longs envahissant l'accueil, Pro divers propose de nombreuses sorties snorkeling. Nous optons pour demain une sortie à la journée. Un café en main et tel un rite obsessionnel, je me rends chaque soir sur notre terrasse, sur pilotis elle aussi. C'est un poste de guet bien agréable je dois avouer, la nature est si différente la nuit.

Telles de véritables artistes, de grosses raies pastenagues viennent valser tous les soirs sous les projecteurs du bungalow….j'aime à croire qu'elles n'étaient là que pour moi….

La tête remplie de couleurs, je pars me coucher.

 Il est sept heures et tout le monde est là, nous sommes dix personnes. Si je devais faire un bilan quant à la masse touristique durant notre séjour, il serait plus que positif. Après la rencontre " in- exceptionnelle " avec les dauphins, le bateau longe la barrière externe de l'atoll de Lhyaviani pour se rendre au spot que les Maldiviens nomment " Aquarium ".

Si eux-mêmes surnomment un site de la sorte c'est que le déplacement en valait le coup de palme…. Quelques dizaines de minutes passent quand le dhoni fait face à un monticule de corail mort, les eaux entourant l'îlot sont d'une luminosité exceptionnelle. Nous avions déjà vu une telle limpidité dans les eaux Thaïlandaises du côté des Similan, mais ici nous avons l'impression que des halogènes sont placés sous la coque du navire.

L'envie est irrésistible : " Je veux être le premier dans l'eau !!! ".

 Le capitaine peine à stabiliser le dhoni, le courant est pratiquement aussi fort que sur l'épave. Ce n'est pas grave, nous avions prévu des bouées pour les enfants, aujourd'hui on partage tout ! Capricieux je saute le premier du bateau, Loick et Morgann m'imitent… Il ne manque que le bulleur, le thermostat, et les vitres….

 " Aquarium " ! C'est une invitation !

 Sur le sable un requin timide s'éclipse nonchalamment, ce qui me permet d'évaluer la visibilité à une bonne vingtaine de mètres. Deux grosses raies tachetées à la silhouette gracieuse et évanescente, suivront le squale. Nous palmons en direction du chaos de roches où nous attendent murènes, nudibranches fluorescents, gorgones rougeoyantes, poissons scorpions, et autres comatules dans un décor de corail digne d'un palais de sultan.

La vie explose partout, profitant du moindre courant pour développer à l'infini les formes les plus inattendues. Les anémones câlinent tendrement leurs poissons clowns, les empereurs mettent la touche colorée aux sombres coraux mous, les rascasses volantes déploient leurs artifices, les poissons feuilles flamboient de jaune et de vert…..que notre planète est belle…

Ma fille dort ! Je n'y crois pas ! Elle dort le masque sur le nez et tuba en bouche !

Faut dire que les journées sont bien remplies. Prétextant quelques clichés à soigner, je savoure ces derniers instants de communion dans un ban de carangues bleues dont la masse masque la surface. Inutile d'expliquer que le retour sur le pont est alors vécu comme une déchirure, une douleur …

Bien que leur lagon soit également un enchantement, je passerais sur les explorations sous marine de Lonuboa et Vavvaru….je ne ferais que radoter.

                               

Couché de soleil Kuredu