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Semporna, porte d'un trésor fragile. Pulau SIPADAN.

 

Mercredi 10 Août

Semporna.

 Destination résolument inconnue pour nous dans le sens où je n'avais rien lu à son sujet avant le départ, et qu'elle ne faisait pas partie de notre itinéraire. Et pour rajouter un peu d'angoisse à cette inconnue, nous rejoignons la station des bus de Sandakan sans tickets ni réservation. Il n'existe qu'un bus par jour ralliant une ville à l'autre.

A notre arrivée sur le terminal nous sommes rapidement rassurés, il y'a encore des places. Les rabatteurs jouent alors leur meilleure interprétation, histoire de nous soutirer quelques ringgits supplémentaires. Mais à la bataille nous gagnerons au poker menteur, nous paierons le prix normal. Les rabatteurs de Sandakan sont redoutables.

 Il est 7 heures, ce qui nous laisse quarante cinq minutes de répit.

 Attente transformée en pause kopi (café) dans l'une des nombreuses échoppes. J'aime ces moments. Vous savez ceux où vous vous imprégniez des bruits et des odeurs de la vie. Les gosses vendent quelques ramboutans ou autres fruits, les hommes tentent de refourguer des imitations de montres. Ils grimpent dans les bus puis en redescendent. Ils naviguent d'un foodstall à un autre. C'est le va et vient de la survie, leur quotidien.

Entre deux gorgées, un homme nous accoste. La présence de nos enfants est un sacré passeport au pays de la rencontre, du contact. Les Malais comme bon nombre d'asiatiques adorent les enfants, surtout s'ils sont blonds. Fallait voir comment le grand père avait préparé le milo (chocolat) pour Loïck !!

 Après quelques questions d'usages, l'homme s'intéresse à notre prochaine destination.

- Semporna!? Which hotel are you going? Je lui réponds que nous n'en savons rien.

 Lui sait.

- Arung Hyatt hotel is the cheapest of the area and the boss is a friend of mine.

 La messe est dite. Il m'informe que son ami possède un bateau et qu'il pourrait nous emmener sur Sipadan, raison de notre poussée jusqu'à Semporna. Pour conclure je le remercie du tuyau et lui promet qu'on ira voir l'hôtel.

 C'est l'heure du départ.

Direction plein sud à trois cent kilomètres. Nous mettrons six heures et demie pour rallier Semporna. Je demande au chauffeur s'il peut nous déposer au Arung Hyatt. Il me fait répéter, il hallucine.

 Le bus dépose les autres voyageurs près du port mais notre terminus n'est pas là. Nous roulons quatre à cinq minutes de plus. Nous débarquons avec nos sacs dans une courette et nous faisons face à ce qui ressemblait à un hôtel. La baraque est délabrée mais semble être habitée.

En m'approchant j'aperçois une pancarte mentionnant tant bien que mal le nom de l'établissement. C'est un hôtel alors…

Isabelle et les petits restent dans la cour, moi je me mets en quête de la réception.

- Selamat malam !!! Je dois avoir un accent malais déplorable, personne ne répond.

 La troisième tentative est parfaite, un jeune homme apparaît. Il est surpris.

On se sourit mais mon malais étant aussi étoffé que l'anglais de mon vis-à-vis, on n'est pas encore dans de beaux draps. Il s'éclipse et revient après dix longues minutes avec un homme. C'est l'ami de Tan. Il avait raison ce bougre, cet hôtel n'est pas onéreux mais les chambres battent aussi le record de salubrité. Les douches ne fonctionnent pas, les bestioles ont élus domicile dans la literie, pas un seul truc à proximité pour bouffer….le tuyau de Tan est bouché.

Bon maintenant qu'on est là on va rester une nuit, le temps de trouver autre chose. Dégoter une chambre sur Semporna ne doit pas être une mince affaire. Pulau Sipadan est une île renommée pour la richesse de ses fonds marins (classés au top 5 mondial), le tourisme doit être parmis le plus massif de Bornéo. Les bagages posés, j'essaie d'en savoir davantage sur le bateau…. il est imaginaire.

Ce n'est pas notre jour. Tournons la page, cherchons où se trouve les speedboats en partance pour Sipadan et profitons en pour grignoter un petit quelque chose dans le centre.

Semporna est une très petite ville mais elle dispose des commodités essentielles. Semporna est surprenante. Là où je me préparais à voir une ville prospère, touristique et gonflée de devises, je fais le constat d'une misère marquée et plus qu'ailleurs. Nous entrons et nous nous asseyons à la table d'un kopi. Comme à l'accoutumée depuis trois semaines, nous faisons sensation à chacune de nos entrées, mais ici les sourires et les pluies d' " Hello " se sont transformés en regards insistants et glacials. L'atmosphère est tendue, nous devenons le sujet et la risée de certains.

Nous sommes installés depuis quinze minutes, et aucun des trois serveurs ne nous approchent. Nous dérangeons, on s'efface. Nous sortons de là hébétés, mal à l'aise. Nous tentons un autre restau cinq cent mètres plus loin. L'accueil est aussi " chaleureux " que le précédent, mais cette fois ci on nous sert. Les regards sont pesants et le verbe haut. Un grand père installé sur la table de derrière m'interpelle en agrippant mon épaule.

 - Where are you come from?

Je lui réponds.

 - France? …. Good country!!!! America is a shit!!!

 C'est avec discrétion que je masque ma casquette à l'effigie de l'équipe nationale britannique de rugby. J'ai compris qu'ici la politique internationale américaine avait marqué les esprits. Nous nous sommes sentis désarmés, impuissants face à cette situation nouvelle aux instants de vérité. Notre couleur de peau peut alors incarner et représenter tout ce qu'il y'a de plus injuste aux yeux de ces personnes.

Rassasiés nous nous dirigeons vers le port à l'aide du plan fourni par le guide Lonely planet. Nous le trouvons facilement et nous remarquons un complexe sur le flan gauche. C'est le Dragon Inn, un hôtel bungalows sur pilotis…et pour faire court, y'a pas photo. Le Arung Hyatt c'est " oui- oui " à la plage à côté de celui-ci. Ceci dit je n'ai rien contre le petit à la voiture rouge et blanche….

- C'est sûrement complet ou hors de prix.

 Le monde est ailleurs en Asie cette année : nous avons l'embarras du choix. Nous prenons un bungalow familial pour trente ringgits de plus que l'autre, p'tit déj compris…. Nous changeons d'hôtel. Cela reste étonnant qu'il y'ait si peu de monde, l'enlèvement il y'a cinq ans de touristes sur Sipadan refroidit apparemment encore plus d'un. On peut comprendre mais les gens de Semporna semblent payer cash le crime perpétué par une poignée d'extrémistes. Bien que l'on sente une tension dans les rapports humains, ces conditions d'affluence touristique nous conviennent.

Une fois les bagages transférés, nous partons en quête d'un bateau pour demain matin. Il existe tout un tas de " dive center " accolés au complexe du Dragon Inn, mais certains sont fermés. Nous optons pour Uncle Chang pour ses tarifs attrayants et la bonhomie de la patronne.

Imposante par sa stature elle l'est aussi dans sa démarche commerciale. Elle est trop forte !!! Après nous être sentis désemparés il y'à une heure, c'est auprès de cette dame que nous trouvons réconfort. Du plaisir et des repères dans une situation que l'on connaît : celle du client qui achète. Elle nous donne rendez vous demain à huit heures.

Journée mouvementée, repos mérité.

On promet aux enfants de rejoindre Morphée pas trop tard ce soir. Le ciel rougeoie, les paysages changent de lumière, le jour décline. Nous empruntons les pas du retour éreintés par le marathon d'aujourd'hui. Quelques camelots ont pris place sur le ponton du complexe menant aux bungalows. Ils tentent et parviennent à nous vendrent des petits colliers de coquillage, façonnés artisanalement. Le prix est dérisoire, nous en prenons une bonne douzaine histoire de faire plaisir à tous les petits de la famille. La douche est réparatrice, nous partons dîner. Nous trouvons un petit resto chinois situé à l'embouchure du port, le cadre est plutôt agréable et l'accueil chaleureux. C'est une très bonne adresse pour se faire exploser la vessie, les jus de fruits sont monstrueux : 1 litre !!! Pour 3 malheureux RM.

Le retour au complexe est moins heureux.

Ils sont quatre ou cinq, peut être six…l'obscurité et les buissons ne me permettent que de distinguer. Et puis peu importe combien ils sont ! C'est des petits gosses, bordel ! Ils dorment là, touts seuls dans la rue. La misère nous gifle de plein fouet. Là, on est bien loin de la star academy, de la Playstation et de nos soucis à deux sous… On perd alors beaucoup de ses illusions et de ses idéaux, pour y gagner une humilité qui reconnaît son impuissance…

De quoi vivent ils ? De quoi survivent ils ? Je me rappelle maintenant de ces petits anges aux ailes froissées ramassant, à l'heure du goûter, canettes en alu, et bouteilles en plastiques. Le recyclage ici c'est une affaire de survie.

J'avais essayé de leur arracher un sourire cet après midi, en vain. Ces enfants sont déjà des abîmés de la vie.

Mes pensées bafouillent, je suis confus, je rentre honteux dormir.

Jeudi 11 Août

Il est six heures trente, pourtant l'aube n'est déjà plus qu'un souvenir.

La chaleur fait perler nos fronts et le soleil promet d'être blanc aujourd'hui.

Les affaires dans le sac, nous empruntons l'une des artères sur pilotis pour s'expédier un petit déjeuner au restaurant du complexe. Non loin de là nous passons devant des sortes de viviers/ aquariums où une quinzaine de mérous se nourrissent des rejets naturels des clients du Dragon Inn….pitoyable.

C'est peut être la carte vivante des poissons du restaurant ? Non me dit l'un des jeunes assis devant. C'est pour amuser les touristes….pauvres bêtes.

Nous entrons dans le restaurant non pas sans hâte, c'est pour moi un moyen de mesurer de manière pragmatique le taux de fréquentation. Nous ne sommes qu'une poignée. Pas de buffet comme dans les plupart des infrastructures touristiques, nous sommes servis. Oui, Môssieur !!! On déchante vite ; si le service est discret, le contenu de son assiette aussi.

 Devant la boutique d' Uncle Chang ça bouge, on se rapproche….J'entre dans le dive center et m'entretiens avec la boss. Elle nous invite à rejoindre le speed boat mouillé cinquante mètres plus loin.

Uncle Chang possède deux bateaux, un pour les snorklers, l'autre pour les plongeurs en bouteilles. Une chose est sûre, les hommes grenouilles seront bien encadrés ; il y'à presque plus de dive masters que de clients ! Les deux hors bords partent pour Sipadan mais les spots sont différents.

 Nous embarquons et nous nous installons sur les sièges de molesquine. Nous ne sommes pas seuls, un couple nous fait face. Du regard Isabelle m'invite à regarder en direction de la proue du bateau…deux énormes moteurs de 250 CV chacun !!Ça va dépoter….

Les enfants sont euphoriques à l'idée de s'adonner une fois de plus aux joies du snorkeling ; leur flux verbal inonde l'habitacle et les passagers.

 Ils sont Français !!!! Oui je sais, cela n'a rien d'exceptionnel mais c'est tout de même le premier couple de l'hexagone que nous croisons en un mois ! Les discussions et les échanges sont passionnants, tout comme Anne Eve et Pascal. Ils vivent cette extraordinaire Asie depuis plusieurs mois et ne manquent pas de nous proposer leur voyage l'instant de quelques mots : Laos, Cambodge, Thaïlande, Malaisie puis Bornéo.

 Nous parlons tant que je me suis à peine rendu compte que nous avions quitté le port… Anne Ève, elle en revanche, s'en est plus qu'aperçue. La mer de Sulu est peu formée mais les effluves de gasoil émanant des moteurs ne sont pas ce qu'il y'a de plus agréable pour nos narines.

Après quarante ou soixante minutes de navigation, Pulau Sipadan se précise à l'horizon, nous apercevons maintenant l'éclatant de ses sables et le cyan cristallin de ses eaux.

Minuscule, six cent mètres sur trois cent, elle est recouverte de jungle.

Mes origines Bretonnes, mon amour de l'océan et ses poussières de terre ; ressurgissent à chaque fois que je prends la mer. J'en fais beaucoup des voyages sur une année, sur papier ou sur cartes. J'ai bien vu aussi quelques photos, lu quelques livres ou carnets sur le net ici ou là. Rien sur Sipadan.

Mais lorsque je découvre une île, en vrai, ce sont toujours les mêmes émotions qui m'accompagnent. Celles qui vous rendent grand et petit à la fois. Grand par la richesse que vous apporte cette nature, petit parce qu'elle vous remet toujours à votre place.

 - C'est tout simplement beau….

- Attends d'aller voir en dessous….me glisse Pascal.

Nos compagnons Montpelliérains sont des récidivistes, des dépendants à la simplicité. Ils ont découvert, hier, cette île aux trésors submergés. Pascal m'en fait alors une courte description. C'est marrant, car s'il fallait trouver un point négatif à mes lectures précédent le voyage, c'est bien dans l'angélisme géographique que certains touristes prêtent à leur destination plongée. Ils essaient alors de persuader, de se persuader au prix d'un mensonge pour le plus souvent. Anne- Eve et Pascal sont des voyageurs, pas des touristes.

Deux, trois crachats en guise de contre buée sur le masque, je me jette à tribord. Il se passe une ou deux secondes, une éternité durant ce saut où l'on conjugue alors le rêve à l'appréhension.

On a frappé les trois coups, le rideau se lève….la tension monte en crescendo.

Les bulles sur le masque se dissipent pour laisser place au spectacle. Il n'y a pas un centimètre sans coraux ou poissons. A chaque regard, c'est l'abondance.

Et comme l'oiseau, nous survolons champs, habitations et jardins….mais ceux-ci sont de corail. Les couleurs explosent à droite, à gauche….Des thons nous saluent, nous resaluent…. Les clowns, qui n'ont d'amusant que leur nom, défendent vaillamment leur forteresse tentaculaire… les pointes noires nous snobent …tiens ! Notre première tortue.

 En dérivant, nous l'accompagnons jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans les abysses. L'œil affûté, le boat man nous localise rapidement ; nous récupère et nous mène sur le prochain spot : Barracuda point. Nous plongeons du bateau. Le courant y est puissant, il est inutile de résister. Laissons la nature nous guider…nous ne serons pas déçus, une fois de plus.

Au fond de l'azur une tâche plus claire, turquoise, s'agrandit au fur et à mesure que nous progressons.

 Elle s'approche. Elles s'approchent.

 Elles s'envolent vers les cieux dont nous pourrions être les nuages ; nous y sommes. C'est une vision surréaliste où les paillettes, le merveilleux en toc n'ont pas leur place. Sans s'être brûlés les ailes par la lumière de nos yeux écarquillés, une dizaine de grosses tortues atteignent la surface.

 Il y'en a partout, une centaine peut être? L'observation est facile, ces apnéistes de talent doivent refaire le plein d'oxygène toutes les vingt minutes. Leurs inspirations furtives provoquent à la surface une véritable ébullition, semblable au phénomène de l'eau dans sa casserole, tellement leur nombre est impressionnant. Juillet/ Août est leur période de séduction, de reproduction. Ce qui explique une telle concentration.

Les mâles cherchent les femelles, plus rares constatons nous. Les mâles sont facilement reconnaissables, ils sont seuls dotés d'un appendice extra dimensionné sur l'arrière de sa carapace. Dame ou monsieur tortue ; les plus imposantes se laissent approcher. Certaines atteignent aisément le mètre soixante. Le masque fait loupe, mais si près la méprise n'est pas de mise. Nous ne voyons pas passer les heures, c'est maintenant celle de la collation.

 Nous sortons de ces eaux cristallines et foisonnantes de vie, bavards et excités. Uncle Chang a tout prévu : thé, café, fruits et grignotages sucrés. Autour de la seule table basse en terrasse, nous échangeons nos sentiments d'exaltation. Nous avons une foultitude de points communs avec le duo Anne Ève / Pascal. Le casse croûte reste une formalité, nous nous empressons de rejoindre le vaste bleu. Pénétrer dans ce monde est une chance pour nous et nos enfants.

Mais est ce que nous réalisons pleinement ce qui nous arrive ? Aujourd'hui pas sûr…

On était loin de se représenter que barboter dans ces eaux, c'était évoluer parmi une centaine de tortues, et des milliers de va et vient permanents. Minuscules tournis échappant souvent aux regards les plus superficiels. Les fonds de l'enchanteresse ne sont pas une légende.

On me pose souvent la question :

- Ne croyez vous pas que vos enfants soient trop jeunes ? Vont-ils s'en souvenir ?

 Voyager, c'est la meilleure école de la vie. Notre société dite civilisée tend de nos jours davantage dans l'uniformisation, le nivellement social et l'insularité culturelle. L'amour de la variété se construit dans ces moments de voyages. Il suffit de vivre auprès de mes enfants afin de les observer, de les écouter. Ils savent ce qu'ils sont, d'où ils viennent ; ils se nourrissent de leurs racines et s'enrichissent de la lumière qui leur vient d'ailleurs. Les images fortes laissent à mon sens une empreinte indélébile, puisque le voyage est un terrain ouvert à l'émotion et au sensoriel. Oui ! Les souvenirs peuvent s'effacer même s'ils sont entretenus. Restera tout de même la largesse d'esprit et la simplicité du cœur. ….s'est un peu écarté le Yann là, non ?…..HORS SUJET !!!

OUI !! Sipadan est un paradis du contemplatif, Bornéo magnifiquement épicée…..

Les expéditions Cousteau avaient trouvé en Sipadan " Une pièce d'art inviolée ". Sipadan signifie en malais : l'île singulière. Elle est en effet la seule île océanique en Malaisie, émergeant de l'océan comme une montagne vierge, avec un tombant Est de 650 mètres pour un de 1200 à l'ouest. Je tombe sur une peinture, dans une des ruines, illustrant fort bien le contexte géologique de la pièce d'art aujourd'hui violée.

L'île est balafrée, souillée par les infrastructures hôtelières en bord de plage….à l'abandon. Mais depuis le 1er janvier 2005 les autorités Malaisiennes ont décidé de rendre l'île de Sipadan à la nature. La totalité des verrues devraient être détruites " rapidement " car il est déjà interdit d'y loger.

Nous quittons l'île vers 16H30 pour rentrer sur Semporna. Anne Ève et Pascal quittent le Sabah demain pour d'autres découvertes ; aussi nous décidons de dîner ensemble.

 Le speed boat s'apprête à accoster, Mme Chang nous attend sur le quai. Sûre de la magie générée par cette sortie, elle nous propose :

- Sipadan tomorrow ?

 Nous voulons profiter de ce petit bout de paradis que nous ne sommes pas certain de retrouver dans l'état lors d'un voyage ultérieur…

 - Of course, bien sûr. Nous sommes à peine rentrés au bungalow que nous nous occupons de visionner les vidéos marines tournées cet après midi. La nostalgie de l'endroit est déjà présente. Pourtant il y'a mieux à faire, notre peau a dégusté.

Les enfants et Isabelle sont couleurs fraise, mon crâne lui en revanche tire dans les violets, les magentas et les roses…La douche froide bienfaitrice apaise un peu nos brûlures mais : Biafine au secours !!!

Luisants comme des vers nous allons à la rencontre de nos comparses montpelliérains, accompagné d'un malaisien d'origine chinoise, leur voisin de dortoir. C'est un homme érudit, intéressant, bien que les échanges soient dans la langue de Shakespeare. Mon anglais est scolaire et me permet de suivre une conversation, mais Anne Ève ne s'en est pas arrêtée à quelques bribes. Elle maîtrise parfaitement l'anglais.

 Cet homme (je m'excuse auprès de lui, j'ai oublié son prénom) nous raconte qu'il a un peu voyagé étant jeune et décide de nous faire part de sa mésaventure. Tout jeune avec de l'argent en poche, il intègre une école de coiffure à Londres. Sa présence en Europe est une aubaine, car son rêve de gosse est de voir la France. Il fait plusieurs demandes de visa auprès des autorités Françaises : toutes lui sont refusées.

 De fil en aiguille, une connaissance lui conseille de passer par les pays bas en lui affirmant qu'il serait plus simple d'obtenir son visa…va savoir pourquoi ??? Le rêve va se transformer en cauchemar. Un contrôle de papier pour un délit de sale gueule aura raison de son rêve. Il fera près d'un mois de prison….

L'heure est maintenant aux " au revoirs ", gonflée par les promesses de se contacter ….

Vendredi 12 Août

La journée d'aujourd'hui est le clone de celle d'hier.

 Nous voyons toutefois moins de tortues, mais ici cela reste relatif. Nous en observons une bonne cinquantaine quand même !

 Notre aventure Bornéenne sent le parfum d'un au revoir. Nous nous envolons demain pour Kuala Lumpur.

La nostalgie est aux bilans, et chacun notre tour nous racontons nos moments les plus forts.

Je m'aperçois rapidement qu'on a été tous les quatre le buvard de nos découvertes.

 Bornéo est une contrée sensationnelle, fragile, mais une source inépuisable de plaisirs.